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Prenez un étudiant d'école de commerce Franco-Canado-Sud Africain assimilé Chinois. Balancez le à l'autre bout du monde pour un an et demi. Rajoutez deux camarades de promotion légèrement disfonctionnels. Prenez soin de peler la couche d'inhibition, ajoutez une bonne dose d'enthousiasme, un peu de sauce soja et mélangez bien. Vous obtenez un condensé d'imprévu au fort arrière goût de n'importe quoi.
Dans le sud de notre belle France, les cigales chantent et sont l'inévitable toile de fond des souvenirs et images chantant la Provence et humant bon la lavande (peu
chère! me sens-je obligé d'ajouter). En chine, ces charmants insectes sont les catalyseurs des passions joueuses des locaux.
Interlude: dans cette article, je m'en référerai par le terme de "criquet" de façon indiscriminée et très probablement erronée aux sauterelles, criquets, grillons et autres cigales, jetant
ainsi impitoyablement dans le Huangpu la rigueur et l'exactitude scientifique. La différence entre ces différents insectes m'ayant été expliquée dans un Chinois des campagnes, on me pardonnera les
quelques libertés que je prendrai.
Par un frais mais néanmoins charmant dimanche après midi annonciateur de l'hiver à venir, il me vint à l'idée d'aller mener à bien un projet qui depuis longtemps trottait dans mon esprit: aller au
marché aux animaux pour m'y acheter onques bestioles. C'est donc porté par ma curiosité et avec résolution que je découvrit le fameux marché: un gigantesque espace couvert dont chaque centimètre
carré semble occupé par des cages/bassins/bocaux. L'atmosphère y est rendu à la limite du respirable par une odeur insoutenable, mélange d'effluves émanant des milliers de cages renfermant des
dizaines de milliers d'animaux. Ajoutez au tableau les divers bruits émis par les joyeux occupants du lieux (vendeurs comme animaux) et vous obtenez une scène faisant passer l'arche de Noé pour le
Zoo Playmobil.
Passant devant les chats, tortues, hamster, cochons d'Inde, poissons de toutes tailles et de toutes couleurs, chiens, cafards, vers de terre, furets (un animal extrêmement populaire auprès nouveaux
riches locaux) et autres oiseaux; je me dirigeai vers l'objet de ma venue: les criquets.
Page culture: ceux qui voient l'élevage de criquets comme un passe temps arriéré pour vieux marginaux et Laowais en mal d'exotique se fourvoient. Le Criquet Fighting en Chine c'est sérieux, très
sérieux.
Les premières traces d'élevage de criquet remontent à la dynastie Tang (618-907). Longtemps confinée aux cercles aristocratiques, l'activité se démocratise peu à peu et les matchs génèrent des
paris pouvant représenter jusqu'à plusieurs mois de salaire. Interdite durant la période Maoïste car représentant les anciennes habitudes dont voulait se débarrasser le pouvoir d'alors.
Aujourd'hui, leqiu xing(voulant littéralement dire Plaisir d'Automne, en référence à la saison des combats)
revient très à la mode dans toutes les strates de la société Shanghaienne. Les criquets, attrapés dans les champs des régions du Shandong sont revendus à des hordes de locaux attirés par la
perspectives de gains pouvant être très élevés.
Si pour ma part j'ai choisi le Basic Package avec Criquet+Cage pour la modique somme de 30 kuais (le kit débutant en somme) , certains spécimens rares répondant à des critères bien précis (longueur
des dents, musculature des pâtes, taille etc...) peuvent atteindre des sommes dépassant confortablement les 1 000 € lors de ventes aux enchères endiablées (le record serait fixé, selon des écrits
apocryphes, à 10 000$). Elevés comme des champions et nourris à coup de mélanges énergétiques à base de Ginseng, ces bêtes de compétition sont les stars de la discipline et se voient offrir des
honneurs funéraires dignes d'un empereur de jadis!
Ci dessus: Cercueil pour criquet
En ce qui concerne les règles de la discipline: la saison des combats se déroule en automne (quelque chose à voir avec le métabolisme des criquets) et des championnats municipaux et même
provinciaux sont organisés à intervalles régulières. Préalablement au combat, une femelle est placée à proximité de l'arène (constitué d'un ring en plexi séparé en deux par une paroi amovible
retirée au moment du combat) afin d'exciter les protagonistes et les propriétaires titillent les antennes de leurs champions afin de permettre la pleine expression de leurs pulsions béliqueuses.
J'invite le lecteur à taper "cricket fight" sur youtube afin de profiter du spectacle de chinois déchaînes criant penchés au dessus d'une minuscule arène où le combat fait rage.
Me voici donc propriétaire d'un joli criquet vert foncé, d'une cage en bois. En tant qu'homme zélé ne faisant rien à moitié, j'ai également fait l'acquisition d'une joli petit promontoire sur
lequel la cage sera posée et d'un DVD sur l'élevage de criquet de combat. Le chemin du retour vers mon appartement fut bercé de rêves de victoires au prochain championnat municipal qui aurait lieu
le mois prochain. D'ici là, à moi de faire de mon animal un champion!
Hélas, trois fois hélas mes rêves de victoires furent vite douchés. Henry Kissinger (car après quelques hésitations c'est le nom que je lui attribua) ne semble pas très actif, ne chante pas et
semble plutôt amorphe. Question alimentation, mon champion en puissance semble apprécier le beurre de cacahuète... et c'est à peu près tout. Cependant il faut croire que le beurre de cacahuète fait
des miracles puisqu'après deux jours de silence, Henry Kissinger se mit à chanter joyeusement (un peu trop d'ailleurs au goût de mes colocataires qui refroidirent, littéralement, ses ardeurs en lui
offrant un petit passage au congélateur). Après son expérience polaire, Henry ne fut plus jamais le même. Avec une pâte en moins et un appétit perdu, le bon Henry éveilla en moi assez de pitié pour
que je me décide à le relâcher dans la nature.
C'en fut donc de mon expérience, prochaine étape: la tortue.
PS: je tiens à remercier l'ami Forster pour ses suggestion avisée de "Royal Rumble" et de combat type Criquets Vs Chien ou Criquet Vs Araignée. Je me pencherai sur la question dés que j'aurai assez
d'argent pour acquérir un vrai champion.
Nous étions ce midi même en train de déjeuner avec Antoine, parlant physique cantique et philosophie présocratique (oui oui) lorsqu'un local vint prendre la place
située à coté de nous.
Quelques minutes après l'arrivée du quidam, en levant les yeux de mon bol de Udon, mon regard fut happé par l'écusson sur la manche du survêtement de notre voisin de table. Et pour cause, l'homme
arborait un superbe patch noir frappé d'un aigle de la Wehrmacht tenant dans ses griffes la croix gammée Hitlérienne.
Consternés, nous nous interrogeâmes longtemps sur la raison pour laquelle cet insigne dont la place se situe dans les poubelles de l'histoire se retrouvait sur la manche du survêtement d'un
Shanghaien qui ne montrait aucun signe d'inclination vers les théories nazies.
En partant, pressés par la curiosité et le désir d'avertir cet individu de la signification de l'emblème qu'il portait, nous lui demandâmes pourquoi diable avait il choisi pareil écusson. Il
marmonna un vague "c'était il y a longtemps, je n'étais pas au courant, il fallait que je couvre un trou" dans un anglais/chinois approximatif. Après l'avoir vigoureusement averti de la
sensibilité du sujet, nous partîmes et le laissâmes à ses pensées en espérant qu'il change de veste...
Shanghai affectionne les extrêmes et la météo ne déroge pas à la règle. C'est donc en deux jours et voici deux semaines que nous sommes passé de températures
voisines des 25 degrés en journée à un temps post apocalyptique qui a levé le rideau sur un nouveau visage de la ville: Winter Shanghai.
Winter Shanghai est une aberration, une anomalie digne d'un pièce de Ionesco comme seule la Chine peut en produire. Cette situation ubuesque trouve ses racines dans une obscure règle édictée en
1952 par les génies planificateurs d'alors selon laquelle les villes situées au Sud du fleuve Yangtze ne sont pas frappées d'un climat justifiant l'installation d'un système de chauffage
central... Notons pour rappel que l'hiver à Shanghai est fait de températures situées entre 0 et 5 degrés et que la proximité avec la mère génère une humidité rendant le froid impitoyablement
pénétrant. Ajoutez à cela les vents Sibériens qui soufflent sur la ville et lancinent les visages de ses habitants et vous obtenez un tableau plutôt réjouissant du quotidien hivernal des
Shanghaiens.
Nous voici donc en 2009 dans une ville se préparant à accueillir la prochaine exposition universelle, un joyaux unique de modernité et de démesure absolue blottis dans nos couvertures, serrant
fort nos bouillottes contre nos corps chétifs et tremblotants.
Pour chauffer son appartement (à l'isolation soit dit en passant plus que perfectible) un éventail limité de solutions s'offre au laowai congelé: climatisation inversée (assèche l'air et
nécessite la puissance de 3 centrales nucléaires pour fonctionner), radiateurs à résistance (idem en moins performant) ou système C (comme Chinois).
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, les locaux ont en effet développé une offre impressionnante d'objets chauffants en tous genres. Un simple voyage dans un supermarché local fait prendre
conscience du phénomène: des dizaines de mètres de linéaires sont dédiés au dieu Chaleur et à ses apôtres Couettes, Bouillottes, Couvertures chauffantes, Pyjama rembourrés et autres Chaussons
ridiculement volumineux. L'imagination dans ce domaine semble sans borne, j'en veux pour preuve le chauffe pieds USB dont je m'apprête à faire l'acquisition.
J'ai pour ma part, par nécessité autant que par envie d'imiter les locaux, déjà constitué un impressionnant arsenal de matériel chauffant:
Vous reconnaîtrez là (ou pas) couette, bouillottes, collants (oui oui), pyjama, doudoune, gants, manteau doublé fait sur mesure au marché aux tissus, thermos et autres couverture.
La boucle est bouclée par les superbes chaussons de Qipu Lu présentés ci dessous, réplique exacte des chaussures spatiales portées par Neil Amstrong durant Apollo 11.
Si la situation est compliquée en appartement, je vous laisse vous figurer le spectacle offert par les étudiants dans les salles de cours... C'est une armée de 50 esquimaux à peine
reconnaissables derrière les couches de vêtements qui chaque jour prend place sur les bancs de l'université. Assister en cours habillé comme pour partir au ski est certes une expérience plutôt
insolite mais le caractère cocasse de la situation s'évanouit vite dans le froid ambiant.
Quoi qu'il en soit c'est dans un état de léthargie induit par le climat polaire régnant ici que je vous salue bien
Amis amis, il est temps de sortir ma plume virtuelle de sa retraite forcée pour
nous narrer une aventure tenant de l'épique et du pastoral: mon Golden week trek au milieu de nul part.
Sauf à avoir passé les derniers mois en isolement total, vous n'êtes pas sans savoir que la Republique Populaire de Chine et son peuple viennent tout juste de fêter leurs noces de diamant
(60 ans donc). A cette occasion, et comme tous les ans à la même date, le gouvernement Chinois gratifie ses administrés d'une semaine de vacances bien méritée qui offre une chance à 1,3 milliards
de Chinois de se mettre simultanément en mouvement dans une transposition asiatique de l'exode qui ferait passer la retraite française de la campagne de Russie pour un déplacement ma foi fort
ordonné. Vous l'aurez compris, la Golden Week c'est un chahut indescriptible qui chaque année met à rude épreuve les infrastructures routières, ferroviaires et aériennes du pays; une immense
fresque biblique mettant en scène des millions d'êtres humains, chacun aspirant soit à rentrer dans sa terre natale soit à découvrir les trésors culturels et touristique de l'empire du
milieu.
C'est dans ce contexte que Pierre (alias "Welufu" ou "Jamy"), grand
scientifique et camarade de classe de son état, et moi même entreprîmes de partir découvrir la Chine, la vraie, celle qui ne fait pas la une de The Economist et qui n’indexe pas son moral sur les
fluctuations de la bourse de Shenzen (et accessoirement où personne ne viendra nous agiter "Copy watch" "Copy Rolex" et autres "DVD" dans la figure à chaque coin de rue).
Le choix se porta vite sur un circuit évitant soigneusement les flots de touristes qui devait nous faire découvrir certaines des plus belles montagnes de l'Est Chinois. Le cœur léger et
l'allégresse en bandoulière nous planifiâmes sommairement notre séjour et partîmes tente sur le dos à la découverte de ce qui se cachait derrière la façade brillante de verre et d'acier.
Nous nous retrouvâmes donc le samedi 3 octobre à 20h à la Hutai Road Long-Distance Bus Station à attendre le bus de 20h20 qui devait nous mener jusqu'à Cixi dans la province de
l'Anhui.
L’esprit de notre voyage se trouvait encapsulé dans notre moyen de
transport : archaïque, authentique et un brin dangereux. Prendre le bus en Chine constitue en effet une expérience en soi. Se retrouver coincé au milieu de Chinois rentrant dans leur village
natal chargés de sacs plastiques géants remplis de denrées alimentaires et parfois même d’animaux vivants, assister à une partie de cartes enfumée et endiablée engagée pour tuer la monotonie du
voyage, entamer la conversation avec des individus n’ayant jamais été en contact aussi direct avec des laowais pour se voir vanter la beauté de Carla Bruni (Sa Ke Qi de airen) ; tout cela
participe à construire petit à petit le socle d’un voyage fort insolite. A chaque pause se formait autour de nous un agglutinement de Chinois curieux de savoir ce que 2 laowais Français pouvaient
bien faire dans le bus de 20h20 pour Cixi (ville industrielle n’offrant, soit dit en passant, aucune distraction aux touristes) et heureux de nous offrir cigarette sur cigarette en signe
d’hospitalité.
Après 6 heures de voyage d’un confort variable et inversement proportionnel au
temps passé sur la route nous atteignîmes Cixi à 2h du matin passées. Dès notre descente se posa la question pressante du logement : n’ayant aucune réservation dans un hôtel et ambitionnant
de partir dés 5h du matin pour le point de départ de notre randonnée nous nous mîmes en quête d’oncques banc public pour nous reposer quelques heures. La perspective de passer la nuit dehors dans
le froid des montagnes chinoises n’était guère réjouissante mais aucune alternative ne s’offrait à nous jusqu’à ce que le providentiel Shifu (chauffeur ou « maître ») de bus nous
proposa de passer la nuit dans le car qui ne devait repartir que le lendemain matin. C’est donc dans cet abri inattendu mais appréciable que nous avons passé notre première nuit hors de Shanghai
depuis notre arrivée en Chine.
Ressourcés et frais comme des gardons (littéralement parlant, le thermomètre
indiquant 2 degrés) nous avions à cœur de faire le plein de calories en prévision de la marche à venir et nous remplîmes l’estomac de nouilles, riz frit et autres raviolis dans le restaurant le
plus huppé de la ville.
C’est ainsi rassasiés que nous montâmes à bord du minibus qui devait nous
emmener pour Fulin, minuscule village perdu dans les montagnes qui constituait le point de départ de notre longue marche à nous. Si le bus depuis Shanghai nous avait paru atypique, le minibus
pour Fulin donnait lui carrément dans le n’importe quoi : mesures de sécurité inexistantes, capacité d’accueil extensible (de 10 à 50 passagers) et porte au système de fermeture plus que
perfectible. Ne vous méprenez pas, loin de moi l’idée de me plaindre de ces petits imprévus, ils sont au contraire ce qui structure les souvenirs inoubliables et donne envie de partir plus
avant à la découverte de l’arrière pays asiatique.
Arrivés à Fulin nous fîmes notre première rencontre d’importance : un
vieux monsieur (appelons le Chang par commodité, son vrai nom nous étant inconnu) en voyant notre air perdu nous proposa aimablement de nous accompagner jusqu’au point de départ de la piste.
Heureux et surpris nous le suivîmes et, dans ses pas, nous découvrîmes Fulin Village, lieu où le temps semble s’être arrêté il y a 40 ans, où les animaux sont plus nombreux que les humains dans
la rue et où la venue d’étrangers attire aux fenêtres et balcons tout une population pour qui les montagnes environnantes représentent les frontières du monde connu.
Un mot peut être sur la piste que nous étions sur le point d’emprunter :
la piste appelée HuiHang Gudao (où Ancient Hui Hang Caravan Trail) est une ancienne piste qu’empruntaient les caravanes qui jadis transportaient du thé
depuis la province de l’Anhui à celle du Zhejiang.
Loin de se contenter de nous montrer la piste, notre bon Chang nous expliqua
qu’il ferait une portion de chemin en notre compagnie (l’homme habitant, à ce que nous avions compris, dans les montagnes) et se mit à cœur de nous offrir une véritable leçon de randonnée !
Apparemment habitué à la route, Chang grimpait comme un cabris et n’offrait que la vue de son dos à nous autres pauvres laowais inaccoutumés au relief et portant nous lourds sacs comme des
boulets. Mis à part l’humiliation qu’il nous infligeait, Chang se révéla être un Language Partner fort intéressant et nous toucha par sa gentillesse et son désir manifeste de nous faire découvrir
les montagnes qu’il connaissait tant. C’est avec regret que nous nous séparâmes de lui après 3 heures de marche.
Comme vous pouvez le voir à la vue des photos ci publiées, la marche nous
offrit de magnifiques paysages dont certains ressemblaient fort aux Alpes bien de chez nous, impression renforcée par la présence de troupeaux de vache…
Une fois terminée la piste nous nous trouvâmes dans un hameau perdu d’où, selon
nos indications plus que lacunaires, nous devions trouver un moyen de transport jusqu’à Hangzhou… Chose qui s’annonçait fort malaisée puisque l’on me signifiât vite que le prochain bus pour la
destination suscitée ne devait partir que le lendemain (et encore, le fort accent de nos interlocuteurs ne nous permettait pas d’en avoir la certitude). Perdus dans un village montagnard sans
moyen de transport, un moment de flottement passa durant lequel nous contemplâmes brièvement nos options d’hébergement (tente ou tente) pour la nuit. Finalement notre salut arriva sous la forme
d’un jeune couple de Chinois à qui nous avions plus tôt dans la journée demandé notre chemin et qui négocia avec un habitant du village un transport jusqu’à une ville inconnue d’où un minibus
inconnu nous emmènerait jusqu’à une autre ville depuis laquelle nous pourrions emprunter un hypothétique car vers Hangzhou…
Guidés par nos nouveaux amis, nous réussîmes par oncques combinaison de
car/marche/minibus à atteindre Hangzhou sur les coups de 21h.
Pour comprendre notre état d’esprit à notre arrivée à Hangzhou, il faut saisir
que si aller se perdre dans les montagnes chinoises sans cartes ni GPS avec pour tout guide une feuille d’indications d’une précision inconnue peut paraître stupide ; arriver à Hangzhou en
pleine Golden Week à 21h sans réservation d’hôtel avec un budget avoisinant X-1 avec X tendant vers 1 relève de l’inconscience la plus patente…
C’est avec un vague sentiment de résignation à l’idée de dormir dehors
(Hangzhou possède de magnifiques bancs publics) que nous prîmes la direction du centre ville à la recherche d'un hôtel. Sur le chemin, notre regard fut happé par les néons dessinant les mots
« Youth hostel » dans la moiteur de la nuit Chinoise. Aussitôt nous bondîmes de notre véhicule pour nous enquérir de la disponibilité de chambres (sans trop de conviction il faut
l’avouer). Quelle ne fut pas notre surprise lorsque la réceptionniste nous informa de la disponibilité d’une chambre double pour la nuit ! C’est donc à l’abri et au chaud que nous allions
passer la nuit !
Comble de la chance : l’auberge en question (découverte je le rappelle de
la façon la plus fortuite qui soit) était situé juste au bord du lac de Hangzhou qui constitue la principale attraction de la ville et autour duquel s’étend un magnifique parc parmi les plus
célèbres de Chine. Nous avons donc sacrifié une heure à une délicieuse promenade nocturne autour du lac que nous eûmes tout à loisir de voir de jour le lendemain matin lors du petit
déjeuner.
Après une nuit de sommeil et une douche réparatrices il était temps de mettre
Hangzhou derrière nous, direction Zhuji. De là nous payâmes les services d’un taxi pour atteindre LiaoZhai, bourg perdu d’où devait commencer notre deuxième marche.
Si la Hui Hang Caravan Trail nous avait offert des paysages similaires aux
Alpes bien de chez nous, Dongbai Shan nous transporta au beau milieu d’un cadre tropical. A perte de vue se déroulait un vaste tapis de bambous et de forêts luxuriantes d’un vert brillant
d’humidité. Par endroits, des plantations de thé bien ordonnées strillaient la montagne, contrastant avec l’aspect touffu de la végétation environnante.
A mi chemin (et après une petite baignade dans un torrent sous le regard étonné
de randonneurs locaux), nous mîmes au repos nos corps endoloris dans un minuscule village de planteurs de thé qui nous gratifièrent d’une tasse de la boisson locale (du thé
donc).
Le soir venu, surpris par la nuit et désorientés par les indications
contradictoires de notre road map, nous plantâmes (où plutôt jetâmes) notre tente sur la première parcelle praticable qui s’offrait à nous… Il s’avéra au final que le lieu servait de point de
passage à plusieurs chiens errants dont les grognements contribuèrent à rendre ma nuit assez peu confortable…
Le lendemain, une autre mission potentiellement périlleuse s’offrait à
nous : faire de l’autostop pour atteindre Dongyang d’où un bus devait nous ramener à la civilisation Shanghaienne. L’exercice fut finalement plutôt aisé et c’est à l’arrière du véhicule d’un
jeune couple, bercés par un savant mix de techno chinoise que nous rejoignîmes Donyang.
Plusieurs superlatifs sont souvent utilisés (la plus part du temps à mauvais
escient) pour définir la chine du 21eme siècle. Néanmoins si un terme et un seul devait être choisi pour décrire Donyang, ce terme serait sans conteste : Rien.
Rien, rien, rien. A Donyang, il n’y a rien. Ni parc, ni musée, ni quartier
historique, ni centre commercial… rien rien rien rien rien de rien. Cette ville industrielle de l’Est Chinois n’abrite strictement rien d’intérêt. Ironie du destin : c’est dans cet
empire du néant que nous devions attendre durant plus de 7 heures notre car pour Shanghai… Après 1h30 de vagabondage dans un dédale de rue fades qui feraient passer le parvis de la préfecture de
Cergy Pontoise pour Times Square et un repas insipide à Reboo Restaurant (Cf photo ci dessous) nous entrâmes dans un cybercafé pour n’en sortir que 3h30 plus tard…
Quelques heures de car plus tard, nous voici enfin revenu à Shanghai après 3
jours d’aventure et d’imprévus surmontés avec juste ce qu’il faut de chance et de brio.
Que retenir de ce voyage ? C’est très simple :
-Pierre peut dormir dans n’importe quel environnement
-La femme de Sarkozy est jolie
-Les bus chinois sont une destination à part entière
-Les vaches ne m’aiment pas
-Les vieux chinois sont d’excellents grimpeurs
-Il n’y a rien à Donyang
-La chine, c’est très joli
C’est sur ces maximes d’une profondeur insondable que je vous salue
bien !
Le fait que Facebook soit bloqué en Chine a eu deux conséquences dont une plutôt innatendue:
-Nos journées semblent beaucoup plus longues avec tout ce temps libre à notre disposition. D'ailleurs toute la colloc' a commencé à apprendre à jouer de la Pipa pour faire passer le temps et j'ai également entamé la rédaction des mes mémoires
-Il nous faut trouver un autre moyen de partager nos photos avec nos proches restés en France
Je vous présente donc mon album Photobucket sur lequel vous trouverez toutes les photos prises depuis mon arrivée.
Passage explicatif à destination de ceux pour qui Facebook représente la limite immuable des possibles:
Mon espace appellé Guaishanghai est subdivisé en deux parties:
-Vacances avant rentrée
-Post rentrée
Il en résulte qu'à gauche de la page vers laquelle le lien suivant va vous diriger vous verrez un petit espace "Albums" où vous pourrez choisir entre les deux espaces suscités celui qui vous
intéresse le plus.
De même pour revenir à l'espace "Guaishanghai" vous n'aurez qu'à cliquer sur "Back to guaishanghai".
Sinon les gens vraiments feignants s'épargneront une crampe au cerveau simplement en cliquant sur les liens suivants pour avoir les Slideshows en direct